La Méditerranée nord-occidentale et le Sanctuaire Pelagos

Cette moitié nord de la Méditerranée occidentale est reconnue comme une zone importante pour les cétacés. On y retrouve chaque été l’ensemble des espèces communes qui viennent s’y alimenter et s’y reproduire. Pour cette raison a été créé en 2002 le Sanctuaire Pelagos qui fait l’objet d’un Accord entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection des mammifères marins qui le fréquentent. De même, différentes Aires Importantes pour les Mammifères Marins (IMMA) à l’échelle de la Méditerranée ont été identifiées dans cette partie nord du bassin occidental. A cette fin, le suivi des populations fréquentant le Sanctuaire ou l’ensemble de la Méditerranée nord-occidentale est primordial, au même titre que la connaissance des pressions (activités humaines, changement climatique) qui agissent sur ces animaux. La détermination des tendances d’évolution des populations ainsi que l’identification des zones à risque (collision, interaction avec les pêcheries, dérangement par la plaisance ou le whale-watching, macro-déchets…) sont des résultats nécessaires afin de permettre aux gestionnaires de prendre des mesures de conservation et de suivre leur efficacité.

Analyse des Impacts Economiques de scénarios de réglementation du trafic dans le Sanctuaire Pelagos

Il s’agit d’une étude menée avec QuietOcéans et financée par le WWF-France en 2016.

Contexte

Le Sanctuaire Pelagos abrite une grande diversité d’espèces de cétacés qui y trouvent un espace privilégié pour se nourrir et se reproduire, en particulier le Rorqual commun et le Cachalot. En parallèle, 30 % du trafic maritime mondial transitent en Méditerranée et le sanctuaire Pelagos connait également un trafic intense, notamment en été. Les risques de collisions associés à ce trafic important sont significatifs. Il s’agit de la première cause de mortalité pour le Rorqual commun et le Cachalot, cumulant à eux deux  80 % des enjeux de collisions.

Objectifs

L’étude menée visait à répondre aux questions suivantes :

  • Quels sont les navires et les affréteurs les plus concernés par l’enjeu collision vis-à-vis du Cachalot et du Rorqual commun ?
  • Quel est le risque de collision des acteurs les plus concernés ?

Et d’étudier dans un second temps :

  • Quels sont les impacts sur l’activité économique des acteurs les plus concernés ?
  • Dans quelle mesure ces impacts peuvent-ils être acceptables pour les acteurs les plus concernés ?

Résultats

  • Le sanctuaire Pelagos est très sévèrement impacté par le trafic maritime : plus de 18 millions de kilomètres y ont été parcourus entre juin 2013 et mai 2015 par des navires équipés du système AIS.
  • 62% des navires fréquentant la zone battent pavillon européen. Ils représentent 75% de la distance totale parcourue par les navires.
  • Les calculs de probabilité aboutissent à un nombre annuel de 3168 collisions potentielles pour le Rorqual commun et 297 pour les Cachalots.
  • Plus de la moitié du nombre de situation de rencontres provient des navires passagers, et environ un tiers des cargos.

Participation d’EcoOcéan Institut

En tant qu’expert, et de part notre expérience nous avons a participé à la phase d’identification cartographiques des zones à risque de collision pour chacune des espèces.

Publications

Folegot T., Gallou R., David L.  & Di-Méglio N., 2015,  Analyse des Impacts Economiques de scénarios de réglementation du trafic dans le Sanctuaire Pelagos, rapport d’étude Quiet-Oceans, QO.20150612.01.RAP.001.02A, Brest, décembre 2015.

Jacob T. & Ody D. 2016. Caractérisation du trafic maritime et risques de collisions avec les grands cétacés dans le Sanctuaire Pelagos. Réalisé à partir des travaux et du rapport Quiet Oceans et EcoOcéan Institut. WWF France 22p.

Sur le même sujet

Di-Méglio N., David L. & Monestiez P. 2018. Sperm whale ship strikes in the Pelagos Sanctuary and adjacent waters: assessing and mapping collision risks in summer. J Cetacean Res Manage 18:135–147.
David L., S. Alleaume & Guinet C., 2011. High risk areas of collision between fin whales and ferries in the North-western Mediterranean sea. Journal of Marine Animals and Their Environment, Vol.4 (1):17-28